Merci

Bernard DEVERT« Oser pour une foi(s) », tel était le thème des Assises des EDC qui ont réuni à Strasbourg près de 2 000 dirigeants et chefs d’entreprises témoignant par la prière et le partage, de leur engagement ecclésial et sociétal.
Oser dire, oser bâtir, oser exprimer les conversions qui s’opèrent en soi, tels furent les moments forts de ces Assises dans cette conviction qu’il n’y a de changement que là où soi-même on l’ose.
A l’écoute de ces échanges, je n’ai pu m’empêcher de faire référence à la bonne sagesse Lyonnaise : « il ne s’agit pas seulement d’y dire, d’y penser, mais d’y faire ». Or, précisément, l’authenticité de ces Assises s’est exprimée par la mention de ces actes qui transportent et qui, d’une certaine façon, transfigurent une Société.
L’entreprise n’est pas simplement le lieu du profit, elle est aussi celui d’un développement économique qui passe par un supplément d’humanité, d’âme.
Il n’y eut pas de grandes envolées lyriques mais une profondeur des récits de vie et d’engagements qui se traduisent par un « merci ».
Le responsable d’une grande entreprise internationale précisait avoir mis dans son bureau une icône ; elle interroge parfois, dit-il mais, après ces Assises, je vais écrire cinq lettres « merci ».
« Merci à qui » ?
Merci à vous qui entrez dans ce bureau ; il y aura sûrement des moments d’âpres discussions, de difficultés, d’heures douloureuses. Cependant, merci de vous inscrire dans le respect de la personne en prenant en compte les situations telles qu’elles sont, sans pour autant perdre confiance.
« Merci », pour ne point confondre jugement et discernement. Merci pour cette volonté partagée de grandir en humanité, de vous associer à un développement pour que les fruits de l’entreprise soient partagés à un plus grand nombre.
Ces mots de gratitude ne sont-ils pas une prière au Seigneur pour lui dire merci de nous aider à l’éveil des talents, nous invitant à les reconnaître en chacun.
Merci au Seigneur d’avoir limité sa puissance de création pour nous remettre un monde non point achevé, mais une terre à construire pour être, par Lui et avec Lui, des créateurs.
Ce « merci » exprime – me semble-t-il l’esprit de ces Assises, une attention portée à chacun, un effacement des prétentions pour privilégier une communion laissant une telle ouverture que bien des portes s’ouvrent : celle de la reconnaissance du Tout Autre, jamais étrangère à celle de l’autre.