Stéven LE HYARIC, Aventurier qui a notamment traversé l’Himalaya d’Est en Ouest à vélo (1ère mondiale), ancien cycliste Elite

Qui êtes-vous et quel a été votre parcours ?

Ancien cycliste Elite, je me définis aujourd’hui comme un aventureux* toujours en quête de nouvelles aventures sportives et humaines. Aventurier n’est pour moi pas un métier mais une vocation de vie. * qui aime et recherche l’aventure: audacieux, téméraire.

J’ai toujours été à la recherche de l’aventure. Le plus gros déclic a eu lieu début 2017, lorsque je suis parti au Népal où j’ai passé 120 jours auprès des populations locales. J’y ai découvert une autre forme de spiritualité en pratiquant 20 jours de méditation silencieuse Vipassana et grimpé deux sommets à plus de 6000 mètres…

En rentrant, j’ai décidé que mon chemin passerait par des sentiers moins battus que ceux que j’avais parcourus jusqu’à maintenant. Pour faire partager mon expérience, j’ai décidé de créer à mon retour en France l’association Rêves Blancs qui promeut le bien-être à travers des expériences en montagnes, les objectifs de cette association seront de partager avec des jeunes qui n’en ont pas la possibilité ou les moyens ma passion pour la montagne.
Passionné de sport, de préparation mentale et de développement personnel, je souhaite partager l’aventure humaine, sportive et psychologique qui est celle de chaque sportif de 7 à 77 ans : réaliser ses objectifs, les dépasser. Je souhaite montrer que rien n’est impossible à qui s’en donne les moyens.

Quelle est votre définition de l’Audace ?

Audace d’esprit, de pensée, audace scientifique, l’audace des idées, des savants; avoir un trait d’audace et de génie. L’audace d’un monument, d’un ouvrage technique, l’audace d’une pièce de théâtre, d’un roman, d’une toile, audace harmonique, rythmique. Il existe 1000 types d’audace admirables, fantastiques, insensées.

L’audace selon moi, c’est tenter l’originalité, c’est l’idée de tenter et ne jamais lâcher vos rêves de vue et d’en réaliser quelques-uns, d’aller toujours à la découverte de l’Autre, de l’autre chemin, de l’autre livre … « L’Audace, c’est d’y croire ! ».

Tentez de nouvelles traces, de nouvelles voies, de nouvelles routes, de nouvelles disciplines, de nouvelles activités, travailler différemment, soyez libres et heureux de tenter l’impossible et l’impensable, prenez conscience du privilège d’être en vie et ne vous arrêtez jamais de rêver !

Parmi tous les projets que vous avez pu mener, quel est le projet audacieux que vous avez envie de nous faire partager ?

Mon projet le plus audacieux a été celui de réaliser l’impensable : traverser l’Himalaya d’Est en Ouest avec un vélo. Seul un garçon, à ma connaissance, avait tenté l’expérience par le passé : l’aventurier français Jean-Michel Jorda.

Mon but était aussi de rencontrer les populations locales sur notre chemin. Je dis “notre” chemin car comme vous le savez j’ai été accompagné durant toute cette traversée par mon ami photographe et caméraman Pehuen Grotti, passionné d’aventure et de réalisation dans l’action. Le troisième membre de mon équipe est Ngawang Dawa Sherpa, spécialiste du Great Himalaya Trail et passionné de Mountain Bike au Népal.C’est assez rare pour le souligner.

J’ai planifié mon itinéraire plusieurs mois avant l’aventure en préparant un plan de route sur 60 jours. Dans nos sacs, nous n’avons emporté que l’essentiel. Une seule carte, pas de GPS, ni téléphone satellite, un couteau. Pehuen avait un appareil photo, une caméra, un drone, un cahier et un crayon et l’ensemble de ses vêtements. Nous portions 12 à 15kg chacun sur le dos.

Durant ces 50 jours de traversée et 57 dans l’Himalaya, j’ai souffert, on a souffert. On a aussi souri, beaucoup. On a pleuré, parfois. On a partagé, vécu. On a communiqué, on s’est engueulé. On a avancé, coûte que coûte. L’Himalaya est sans pitié m’a-t-on répété avant mon départ. Car la réalité de l’Himalaya change tous les jours, pluie, grêle mais aussi glace, neige, avalanche. Ça c’est pour le froid. Le chaud est arrivé plus tard, jusqu’à 40 degrés à certains moments. Malgré tout, j’ai apprécié chaque jour de cette traversée, chaque seconde.

Et, avant tout ce dont je vous parle là il y a eu les doutes, les difficultés, les nuits d’angoisses et de stress à bout de force pour essayer de financer ce projet de cœur, à essayer de le vendre à des partenaires, des financiers, des associations et des médias. Ce projet m’a obligé à aller chercher loin à l’intérieur, à dépasser des limites qui m’étaient inconnues. Des limites de patience, de sagesse, d’énergie, des limites de courage et de passion. L’énergie qui m’a tenu durant toute cette année s’est échappée en arrivant à Hilsa, point d’arrivée de ce projet et frontière avec L’Inde.

Le 12′ Rêves d’Himalaya en ligne ici : https://www.youtube.com/watch?v=7Xv5lwkdvus
Instagram : @stevenlehyaric
Page Facebook : Stéven Le Hyaric
lehyaric.steven@gmail.com