Le don, une urgence et une espérance pour une société plus humanisée

Bernard DEVERTLe « divorce » entre fiscalité et solidarité n’est pas consommé ! Nous veillerons à ce qu’il n’ait pas lieu.
Le projet de loi de finance confirme la suppression de l’ISF à compter du 1 er janvier 2018 et son remplacement par l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).
L’IFI concerne les actifs immobiliers non affectés à l’activité professionnelle. Le seuil d’imposition reste fixé à 1 300 000€, le barême de l’impôt est identique à celui de l’ISF.
Le gouvernement maintient la réduction de 75 % du montant du don et le plafond de 50 000 €.
Toutefois, une modification majeure intervient en ce qui concerne le calendrier des dons. L’article 978 du CGI précise que seuls, les dons réalisés jusqu’au 31 décembre de l’année précédant celle de l’imposition seront retenus alors qu’auparavant, étaient pris en compte ceux réalisés jusqu’à la date limite du dépôt de la déclaration ISF.
Très concrètement, seuls les dons effectués entre la date limite de dépôt de la déclaration ISF 2017 et le 31 décembre 2017 ouvriront droit à la réduction de l’IFI 2018.
Si la fiscalité n’est pas étrangère à la solidarité –et n’a pas à l’être- l’énergie du cœur est ben ce qui conduit à avancer le plus loin possible sur le chemin du « prendre-soin ».
Quand une maman abandonnée avec ses enfants est en souffrance sociale et affective, l’heure n’est-elle pas de bâtir en urgence des liens pour ne point la laisser dans un défaitisme qui ronge l’énergie, si nécessaire pour se relever.
Quand une personne isolée, confrontée au manque de ressources et à la perte d’autonomie, survit dans un logement inadapté, bâtir des liens, c’est lui témoigner attention et respect.
Quand un jeune, éprouvé par trop d’échecs pense qu’il n’a pas d’avenir, comment ne pas agir pour ouvrir son horizon.
Quand un foyer touché par le chômage se désagrège au regard de trop de pertes qui entament l’estime de soi, est-il concevable d’imaginer l’indifférence.
Autant de prises de conscience qui réveillent pour ne point laisser à l’absurde le champ libre dans un monde qui, pour beaucoup, se révèle âpre et dur.
Lévinas, dit joliment que l’éthique est une optique. En d’autres termes, une vision, celle qui est la vôtre, la nôtre, pour faire bouger les lignes. Bâtir des liens nécessite une mobilisation de l’intelligence et du cœur pour ne rien céder au défaitisme, cancer de l’âme.
Chaque fois que des êtres sont sur le « fil », bâtissons des liens. Ils sont ceux de la dignité, cette part manquante qui , pour être oubliée, fait que la Société perd de son unité, d’où un corps social désarticulé, en souffrance.
Gustave Flaubert dit que ce ne sont pas les perles qui font le collier, mais le fil. Ne serait-il pas aussi celui de la fraternité. Les tisseurs ne sont point des dignitaires, mais des diamantaires pour reconnaître que tout homme est une perle.
Que de raisons de s’émerveiller. Surtout n’arrêtons pas notre regard sur les rayures, tout orfèvre en humanité sait que la bienveillance les efface.
Vous êtes de ces orfèvres.
Si les projets ne manquent pas, il nous faut mobiliser une épargne.
Nous travaillons sur des projets avec les hôpitaux, notamment leurs services d’urgence, concernant l’hébergement de personnes, qui confrontées à l’isolement ou à l’absence d’un toit, ne peuvent pas bénéficier de soins à domicile. Vous savez combien la durée d’hospitalisation est désormais réduite (moins de 3 jours).
Quel drame – qui plus est dramatiquement banalisé- de voir des personnes à la rue, malades, au soir de leur vie !